• À quatre heures du matin, l’air n’était même pas froid. La lueur des lampadaires filtrait une bruine infime, la rue était pour une fois, calme.

    Le taxi a traversé une Londres presque endormie. Brick Lane, Great Eastern Street, Clerkenwell Road, Holborn, New Oxford Street, Leicester Square, Picadilly Circus, Regent Street, Sloane Square, Victoria & Albert Museum, Hyde Park… j’ai pu formuler mes adieux à chacun d’eux, à chaque souvenir désormais ancré en ces lieux qui m’étaient alors de parfaits inconnus il y a de ça à peine quelques mois.

    La radio locale entonnait une playlist de circonstances en cette période de fêtes, ambiance très Love Actually.

    Les anglais sont super forts en esprit de Noël et j’ignore si c’est grâce à cette atmosphère si particulièrement douce, mais j’ai complètement occulté toute cette succession de moments merdeux qu’à su offrir deux mille quatorze, pour ne garder que le meilleur. 




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  • #10

    Errances chez & Other Stories, les résultats d’un tirage au sort insensé est sur le point d’être annoncé. Ils nomment un jeune homme avant de lui retirer le prix et d’annoncer mon nom. Jubilation. 250 000 euros, un voyage autour du monde avec une styliste-vedette et un article au choix offert. Je parcours tout le magasin pendant de longues heures sans parvenir à faire un choix. Maman me demande comment je compte dépenser les 250 000 euros, je lui réponds sur un ton badin que je vais tout claquer en fringues. Elle fait les gros yeux. Les étapes du voyage se feront à Sydney, Dubaï et la Grèce. Ça implique être médiatiquement exposée mais je fais un effort de tolérance. Il fait nuit, je tente de joindre Ixe par chat. J’ai accès à ses photos d’enfance que j’épluche méticuleusement. Il me dit que sa mère va subir une mastectomie. Je lui réponds que je sais ce qu’ils traversent, ma mère aussi, le cancer. Il ne poursuit pas la conversation bien qu’il soit toujours en ligne. Ça me rend dingue. Puis, Sydney. Un bord de plage, nous sommes trois ou quatre, dont Fia et B1,  nous déambulons dans un sentier creusé entre des rochers. Une fille que je ne connais pas me montre une peinture sur une des parois, représentant un flacon de monoï. Elle trouve ça super beau et m’explique qu’elle veut se le faire tatouer sur le thorax. La mer est de plus en plus agitée, les vagues de plus en plus hautes tentent de nous avaler. Les autres veulent poursuivre l'exploration, je refuse, il faut faire demi-tour. Fia m’aide à remonter à la surface, difficilement. Plus tard, nous sommes des nains dans un square. Je me sens triste et ne veux pas suivre le groupe. Strunz vient me demander si je suis amoureuse, je lui mens. Elle réponds qu’il va revenir et puis s’en va.


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  • #9

    Déambulation matinale et solitaire dans les rues d’une ville qui s’apparente à San Francisco. Ambiance relax et solaire. Je croise mes parents, il est bientôt midi, j’ai faim. Je continue la promenade à leur côtés et tente de joindre Noune par téléphone, en vain. Il dort. Ça m’énerve, je le traque. Rien. Nous arrivons devant une rue très en pente et très vallonnée, c’est beau. J’ai très faim et propose qu’on fasse demi-tour, j’y reviendrai plus tard avec Noune. La maison s’apparente à celle de mon enfance, impasse de la lanterne. Un couple de personnes âgées discute avec mon père, ils ont un chien qui ressemble au mien, les deux sont blancs. Ils jouent gentiment puis l’un attaque l’autre. Je les sépare. Kine me demande si je veux me baigner. J’ouvre la porte qui donne sur l’arrière cour : le jardin est une immense piscine naturelle. L’eau est très bleu clair, rassurante de prime abord, pourtant je n’ose pas m’y baigner. Je reste sur le patio à caresser mon chien, son altérité hystérique réapparaît et tente à nouveau de le croquer.


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  • #8

    Déambulation sororale, j'aperçois une fille sur une colline. C'est Nate, elle est sur son trente-et-un, se rend à un mariage. Je l'interpelle mais elle ne me reconnaît pas directement. On s'échange quelques mots, elle m'apprend que son frère a divorcé pour une fille qui le déstestait à l'école. Plus tard, à l'arrière d'une voiture qui nous conduit aussi à un mariage, je suis ailleurs dans mes pensées. On me sert une coupe de champagne et l'on trinque. Les bulles sont délicieuses mais le coeur n'y est pas. Clod me demande si je connais Untel qui a fait ses études dans la même école. Je lui dit qu'il faut que je vérifie. De la voiture je passe à la chambre, où je fouille parmi une pile de vieux parchemins. J'entends parler plus loin, ils disent que ce fameux Untel s'est marié avec une certaine Gloria. Ellipse. Réunion d'anciens élèves dans un amphi, la nuit. Le placement est numéroté, quelqu'un me conduit à la place qui m'est attribuée, à côté d'un couple qui bitche en permanence. Ils me font rire intérieurement, je m'imisce dans leur conversation. Je panique et hésite à dire que je suis prof de français ou je ne sais plus quoi. Un Monsieur-Loyal ouvre la soirée et présente tour-à-tour l'élite de la promo, sur scène. Un gros maquillé en clown de fortune s'avance sur la scène et dit qu'on peut se faire un max de blé en ayant un bac L si on est un tantinet malin, sous-entendu comme lui. Sauf qu'il s'agit là d'un humoriste parfaitement râté, grotesque. Ensuite, il cède le pas à Cam et je précise au couple bitcheur qu'elle était ma coloc et qu'elle n'a rien d'une élite, qu'on se fout de nous, que c'est juste une conne, porcasse de surcroît. Un groupuscule d'individus vient prendre place tout à côté de moi, je reconnais un certain Anthony qui a visiblement été amoché par un accident qui l'a sacrément handicapé aussi bien physiquement que mentalement. Il est escorté par une fille et deux autres mecs, dont un m'attire irresistiblement. La fille vient me demander si je peux lui rendre un service en demandant à Anthony s'il veut m'épouser car il a flashé sur moi. J'accepte, seulement dans l'optique de faire connaissance avec le mec mysterieux. Je lis une bd à deux voix avec la fille à l'attention de cet Anthony. Le mec attirant annonce qu'il doit partir, il va au cinéma. Je m'arrange pour m'incruster, la fille dit qu'elle doit rester avec Anthony pour nous laisser seuls. Il demande le nom du film dans lequel joue Joachim Phoenix, je fais mine de l'avoir sur le bout de la langue, la fille crie le nom du film, il acquièsce en précisant que c'est dommage qu'il ne sorte que dans cinq ans. Je prends la voiture et fonce au Mc Do qui jouxte le cinéma. Tout est en anglais, j'ai oublié comment on dit menu. La file s'agrandit, il n'est toujours pas là, je m'écarte et là je reçois un texto "tu veux quoi comme excuse pour le ciné ?" suivi de "Enchiladas ?".


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  • C’était un matin de presque-Mars, je m’en souviens très clairement. C’était un jeudi, il y a de ça presque un milliard d’années (au bas mot). J’adore le jeudi, il se passe toujours des trucs cool, le jeudi.

    Il devait être approximativement sept heures trente, peu m'importait de se lever trop tôt et de la longue route à faire pour aller en cours. Un besoin irrépressible de rentrer dans ma campagne, sur un coup de tête, en pleine semaine. Juste pour expérimenter le silence de la nuit mais surtout parce que je mourrais d’envie de l'y croiser.
     
    Je venais donc de rouler une bonne heure et en dépit de n'avoir comblé ce fol espoir, cette escapade impromptue a ressassé un tas d'amères pensées.
     
    Sur le parking de la fac, je suis restée un moment enfermée entre quatre portes, le tête sur le volant. Le poste de radio entonnait alors The Eternal de Joy Division et ça m’a franchement flanqué la trouille. 
     
    À cet instant précis, j’ai réalisé que je ne pouvais me condamner à vivre avec des regrets. Alors j’ai pris mon courage à bras-le-corps et embrassé mes craintes en tentant d’établir le contact envers celui. Je n’espérais même pas de réponse. Quand soudain. 
     
    La matinée à peine entammée et concentrée sur un cas d’étude dont j’en ai depuis oublié la teneur, je m’étais isolée musicalement du reste du monde. C’est alors que cette chanson a attiré mon attention en me figeant sur place, le regard perdu dans le vide, la laissant immerger mon être. Quand soudain.
     
    Le téléphone qui hurle sur le bureau, le regard agacé de mes congénères (j’avais oublié de couper le son), la tachycardie, la transpiration frontale et puis.
     
    Dis-donc il te dit quoi ton copain pour te rendre aussi radieuse ? (le voisin de table, curieux)
     
    C’est pas mon copain.
     
     



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