• L’heure du bilan s’amorce et dans quelques semaines, la France. Depuis que la date de départ a été programmée, je commence tout juste à apprécier Londres. Parce qu’il va falloir lui dire adieu, parce que je sais que je ne la reverrai pas. Et parce qu’une page se tourne.
     
    À croire qu’il faut se sentir délié, libre, pour pleinement profiter de ce qui s’offre.
     
    Quelques semaines plus tôt, je n’aurais jamais cru dire ça, mais voilà, je suis un peu triste de partir. 
     
    La vérité, c’est que j’ai la trouille.

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  • Quelques années plus tôt, c'était en hiver. Je me levais avant l'aube pour me rendre à l'autre bout de la ville. J'étais alors en apprentissage infirmier et dans l'assistance publique, ils déconnent pas avec les horaires matinales. Le froid me claquait le visage mais j'adorais marcher dans les rues encore vides. Le monde et le jour dormaient.

    C'était pas une période franchement joviale, plutôt sombre même. Je trainais quelques démons qui agitaient ma vie. Pourtant lorsque je pense à cette époque, c'est curieusement avec une douce nostalgie. Et quand j'y pense, j'entends Mercury Rev.

    Ma préférée a toujours été Little Rhymes (All is Dream, 2001), c'en est même devenu l'hymne de ce chaos. Et puis un jour, je suis tombée par hasard sur les Peel Sessions et mon visage s'est transformé.

    Planet Caravan est une reprise de Black Sabbath. Mais mon coeur bat pour Mercury Rev.

     


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  • #7

    Une grande tablée familiale, fin de repas. Je déguste un croissant badigeonné de chocolat. Orgasme alimentaire. Mamie me demande de partager mon verre d’eau, j’acquiesce en lui tendant un croissant parce que j’ai mal compris. La cousinade débarque, il y a beaucoup de monde. Ils sont flous. Mon père s’adresse aux jeunes en nous sommant d’aller nous cacher au sous-sol. Un menace pèse dans ses propos, l’heure est grave. L’humanité est en perdition, anéantie par des robots humanoïdes. De ma chambre, je vois une voiture garée près de la maison, une famille en sort, les enfants sont nombreux et franchissent notre clôture. Je comprends que ce ne sont pas des humains. Un enfant pénètre par ma fenêtre, je suis terrifiée. Il se roule en boule sur le sol. Je rejoins la parentalité à l’étage pour leur annoncer cette invasion. Toutes les portes sont ouvertes. L’atmosphère est sourde, menaçante. Les enfants courent au dehors dans un jardin immense et vert. Mes soeurs et cousins sont à l’extérieurs, insouciants. Le ciel est clair, le soleil radieux. Un peu plus loin, mon père discute avec les parents-robots. J’approche. Mamie me suit. La femme-robot nous prend en photo. Irritée, je lui demande ce qu’il lui prend et lui précise que ce ne sont pas des manières. Elle répond qu’elle prend une photo de famille, un souvenir de ce qui est sur le point de ne plus exister. Ellipse. Toujours cette atmosphère apocalyptique. Un supermarché anglais, je fais la queue aux caisses automatiques. Une petite vieille dame me passe devant. Je bouillonne mais ne dit rien. Elle s’écarte sur le côté au moment où un homme libère une des caisses. Je lui succède sans prendre cas de la vieille dame qui vient s’accoler à moi en me poussant et en gémissant, surjouant un malaise. Elle me gène et je ne saisis pas son comportement absurde. Ma carte bancaire est rejetée, je veux payer cette brosse à dents. La caisse clignote en affichant un message d'erreur, la vieille gémit. Un garde de la sécurité accoure et demande ce qu’il se passe. Je lui explique que la vieille m’est passée devant, un homme dans la file confirme. L’homme de la sécurité écarte la vieille dame et vérifie la transaction en me disant qu’il n’y a pas d’erreur, que tout s’est bien déroulé. Je pense tant mieux, j’ai une brosse à dents gratuite. Je sors, il fait nuit, j’ère seule dans les rues. Il n’y a plus vraiment d’humains. Je passe devant un homme noir qui ravive un feu dans une caisse à cacahuètes, il discute dans une langue inconnue avec une jeune femme sale assise par terre. Je fais tomber mon Ipod sans m’en rendre compte. L’homme m’interpelle. Je m’approche pour le ramasser quand une fille m’aborde et me demande quelle est la version de cet Ipod. Je lui réponds avec une boule dans la gorge que c’est une version obsolète datant de l’ère des humains, que je ne suis plus très jeune et une des rares survivantes de cette époque révolue. Elle me montre son Ipod en comparaison, le même modèle mais super technologique, et je lui confirme qu’elle a une version très récente.


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  • « (…) quitter quelqu’un en se promettant qu’on va se revoir, cela présage les choses les plus graves. Le cas le plus fréquent, c’est qu’on ne revoit pas l’individu en question. Et ce n’est pas la pire éventualité. La pire consiste à revoir la personne et à ne pas la reconnaître, soit qu’elle ait réellement beaucoup changé, soit qu’on lui découvre alors un aspect incroyablement déplaisant qui devait exister déjà mais sur lequel on avait réussi à s’aveugler, au nom de cette étrange forme d’amour si mystérieuse, si dangereuse et dont l’enjeu échappe toujours (…). »

    in Pétronille, Amélie Nothomb.


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  • le froid s’est installé. Dehors, le ciel est voilé d’un épais brouillard. C’est un jour où il fait presque nuit. Où il pleut des cordes. Mais c’est un jour où je m’en fous.

    Ce matin, j’ai enfilé ma robe trop grande et mes collants et suis sortie sourire aux passants. Marcher de longues heures et s’enivrer de cet air frais d’un hiver qui s’installe un peu trop tôt.

    Oxford street d’ordinaire noire de monde, a été désertée. L’interminable averse a chassé les passants. Mes pieds nagent dans les flaques d’eau, mes ballerines n’ont pas survécu au naufrage. Mais aujourd’hui je m’en fous.

    Ce matin. Il est réapparu dans ma vie. Et je souhaite que, cette fois-ci. Sauf qu'encore.


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