• Un jour, quelqu'un m'a dit que l'important quand on se jette dans le vide c'est de surtout ne s'accrocher à rien et de se laisser porter puis toucher le fond du fond. C'est précisément là qu'on rencontre son soi, qu'on se fait face sans fards et sans faux-semblants. La meilleure façon d'arrêter d'avoir peur du noir c'est bien de s'y plonger et d'affronter les démons nocturnes. Parce que tout à coup, on voit le monstre tel qu'il est et non plus tel qu'on se le représentait. Parfois, rien que par le simple fait de lever ce voile de la projection et de l'interprétation, on se heurte à une réalité bien moins insurmontable qu'on le pensait. Le fait est que ce qui nous limite c'est bien la peur, les projections de l'esprit et l'interprétation. Parfois, c'est peut-être pire me direz-vous mais qu'importe puisque l'acceptation du réel vaut bien un leurre, non ? Peut-être pas, qu'en sais-je après tout.

    Le risque, lorsque l'on se leurre et que l'on singe le bonheur, c'est que la vérité frappe à un moment donné. La vie ne peut vous laisser vous illusionner bien longtemps, sinon quel intérêt de vivre si ce n'est pour ne rien apprendre ?

    Un jour, ce même quelqu'un m'a dit que s'il me disait ça c'est parce qu'il voyait bien que je m'accrochais de toutes mes forces à ce qui devait s'en aller. Je maintenais que non, j'avais décidé que non. C'est ce qu'on appelle le déni. Je refusais d'admettre l'évidence même, d'admettre que j'aimais la représentation d'une personne et non la personne elle-même, d'admettre que pendant une dizaine d'années tout tournait autour d'un fantasme.

     


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  • et beaucoup de remises en question aussi. Du mal pour venir m'échouer ici.

    Incapable de définir si ça va ou non.

    <Need a Break>



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  • Je viens de finir la Métaphysique des tubes d'Amélie Nothomb. Roman autobiographique, qui dépeint avec humour la vie de 0 à 3 ans de l'auteur.
    Il y a un passage qui m'a particulièrement marquée : celui où Melle Nothomb relate l'épisode où, à 3 ans, elle tombe dans le lac où elle venait nourrir ses carpes, et manque de se noyer. Elle frôle la mort, et se rend compte qu'elle n'en a plus peur.
    Delà, elle évoque le suicide et propose une hypothèse intéressante à ce sujet.

    Extrait :

    " En 1945 à Okinawa, île du sud du Japon (...) juste après la capitulation. Les habitants d'Okinawa savaient que la guerre était perdue et que les Américains, déjà débarqués sur leur île, allaient marcher sur leur territoire entier. Ils savaient aussi que la nouvelle consigne était de ne plus se battre.
    (...)
    Leurs chefs leur avaient dit, naguère, que les Américains les tueraient jusqu'au dernier; les insulaires en étaient restés à cette conviction. Et quand les soldats blancs ont commencés à avancer, la population avait commencé à reculer.
    (...)
    Et ils étaient arrivés à l'extrémité de l'île, qui se terminait en une longue falaise abrupte surplombant la mer. Et comme ils étaient persuadés qu'ont allait les tuer, l'immense majorité d'entre eux s'étaient jetés dans la mort du haut du promontoire.
    La falaise était très élevée et, en dessous d'elle, le rivage était hérissé de récifs tranchants. Aucun de ceux qui s'y sont précipités n'a survécu. Quand les Américains sont arrivés, ils ont été horrifiés de ce qu'ils ont découvert.
    (...)
    Il est probable que la plupart d'entre eux se soient suicidés par crainte d'être torturés. Il est vraissemblable aussi que la splendeur de ce lieu a encouragé beaucoup d'entre eux à commettre cet acte qui symbolisait la superbe patriotique.
    Il n'en reste pas moins que l'équation première de cette hécatombe est celle-ci : du haut de cette magnifique falaise, des milliers de gens se sont tués parcequ'ils ne voulaient pas être tués, des milliers de gens se sont jetés dans la mort parcequ'ils avaient peur de la mort. Il y a là une logique du paradoxe qui me sidère.
    Il ne s'agit pas d'approuver ou de désapprouver un tel geste. cela leur ferait une belle jambe, d'ailleurs, aux cadavres d'Okinawa. Mais je persiste à penser que la meilleure raison, pour se suicider, c'est d'avoir peur de la mort."


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  • Voilà. Le compte à rebours est lancé. Dans un jour et demi à tout casser, j'arpenterai les rues londoniennes.

    Pas d'euphorie en vue. Ce soir, c'est plutôt l'angoisse qui grouille dans mon ventre. Sais pas trop pourquoi. Peut-être encore cette satané paranoïa.

    J'imagine tout et n'importe quoi : les gros scénarios quasi-improbables du même acabit que les tueurs en série qui défoncent les portes (en l'occurence ma porte- attention, hein, ils font un commando spécial pour venir me tuer dans mon espèce de trou à rat).

    C'est totalement loufoque comme idée - les tueurs-défonceurs - mais en pleine crise d'angoisse, ça m'apparaît comme une situation plausible et très normale.

    La maîtrise de soi est difficile. Mais j'me soigne. Du moins, j'essaie.

    Petite, je me souviens avoir été téméraire. A croire qu'on change vraiment au fil du temps.

    Seulement, l'inverse aurait été plus - comment dirais-je ? - logique.

    Toujours est-il qu' aujourd'hui, enfin ce soir, l'agitation mentale est à son comble.

    Quoique l'évoquer, déjà m'assagit.


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  • C'est souvent le premier qu'on choisi. Alerte. Se tenir loin du danger.

    Passion rime avec bouleversement. Et avoir le cran de tout plaquer pour assouvir un désir brûlant, terriblement attirant, c'est pas donné à tout le monde.

    C'est sûr, il faut savoir assumer, comme l'a dit Titinette (voir lien plus bas). Les enjeux sont parfois conséquents, et on se dit que tout plaquer sur un coup de tête ne vaut pas le coup. Et pourtant...

    J'ai tendance à penser que si la passion nait, c'est que déjà, un bout de satisfaction dans le couple s'est épuisé. Et ce, même sans en être conscient.

    Pour moi, LA rencontre si émoustillante, si envoûtante, n'est pas le déclencheur des tortures mentales à essayer de résoudre cette dualité enigmatique, mais bien la confirmation que quelque chose clochait depuis déjà un bout de temps au sein du couple.

    C'est cette alarme qu'il faut écouter afin de déchiffrer le message qu'elle veut délivrer.

    On sait bien que la passion est un agréable moment à vivre, un aventure à bout de souffle... qui s'éssouffle. Vite. Trop.

    Mais je n'arrive pas à cerner pourquoi l'on s'évertue à renoncer à ces plaisirs. Si ce n'est toujours, ça l'est très souvent.

    La hantise du changement peut-être. Sans doute. La peur du jugement de l'entourage, de voir sa réputation brimée. Oui, et alors ?

    Quand on refoule ces envies, c'est soi-même que l'on enterre.

    Le problème étant que, même en restant raisonnable, le malaise qui régnait dès lors, rejaillira plus tard; et peut-être beaucoup plus fort. Et les dégats s'accroîtreront proportionnellement.

    Pour ne pas changer, suis tombée dans ce panneau... et ça fait vraiment très mal...

    Après, ça dépend des personnes. Peut-être qu'aimer deux fois en même temps c'est possible. Je sais pas. En fait, j'en sais rien.

     A voir sur le même thème le blog : L'Alchimiste

     


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