C’était un matin de presque-Mars, je m’en souviens très clairement. C’était un jeudi, il y a de ça presque un milliard d’années (au bas mot). J’adore le jeudi, il se passe toujours des trucs cool, le jeudi.
Il devait être approximativement sept heures trente, peu m'importait de se lever trop tôt et de la longue route à faire pour aller en cours. Un besoin irrépressible de rentrer dans ma campagne, sur un coup de tête, en pleine semaine. Juste pour expérimenter le silence de la nuit mais surtout parce que je mourrais d’envie de l'y croiser.
Je venais donc de rouler une bonne heure et en dépit de n'avoir comblé ce fol espoir, cette escapade impromptue a ressassé un tas d'amères pensées.
Sur le parking de la fac, je suis restée un moment enfermée entre quatre portes, le tête sur le volant. Le poste de radio entonnait alors The Eternal de Joy Division et ça m’a franchement flanqué la trouille.
À cet instant précis, j’ai réalisé que je ne pouvais me condamner à vivre avec des regrets. Alors j’ai pris mon courage à bras-le-corps et embrassé mes craintes en tentant d’établir le contact envers celui. Je n’espérais même pas de réponse. Quand soudain.
La matinée à peine entammée et concentrée sur un cas d’étude dont j’en ai depuis oublié la teneur, je m’étais isolée musicalement du reste du monde. C’est alors que cette chanson a attiré mon attention en me figeant sur place, le regard perdu dans le vide, la laissant immerger mon être. Quand soudain.
Le téléphone qui hurle sur le bureau, le regard agacé de mes congénères (j’avais oublié de couper le son), la tachycardie, la transpiration frontale et puis.
Dis-donc il te dit quoi ton copain pour te rendre aussi radieuse ? (le voisin de table, curieux)