• Ciao banjo

    Et voilà. C'est terminé. Pour de bon. Je pensais que ça allait me rendre comme un sentiment de liberté totale mais en fait, il n'en est rien.

    16h30. J'ai rangé mes affaires, fermé mon sac, vérifié si je n'oubliais rien, remercié les personnes que j'ai côtoyées durant cet interminable mois d'août et puis.

    Aurevoir et bonne continuation

    Je hais cette formulation consensuelle au possible mais elle était plus que de rigueur dans un contexte où je  n'avais pas plus envie de m'étendre que ça. Vite en finir, visser mes écouteurs dans les oreilles et me barrer en courant. Sans me retourner.

    Je regagnais la station de métro avoisinante sans même qu'une once de regret ni même de soulagement, ne me traverse. Rien. Aucun changement ni de liberté ultime. Que dalle.

    Simplement le sentiment d'avoir reçu une leçon. Sur eux, sur ce que peux être la vie active (bien que mes journées là bas étaient loin de l'être), sur moi aussi.

    Je sais que j'aurais du mal à changer mon attitude quelque peu sauvage. Je crois que c'est ça qui les a un peu heurté. J'ai entendu des choses, mes oreilles trainent partout. 

    Pourtant, je trouve que la discrétion évoque un certain respect d'autrui. Et j'ai horreur des représentations théâtrales en public. Question d'éducation. Toutefois, ça les a mis en distance.

    C'est drôle, pour une fille de ton âge tu es très calme, les jeunes qui sont venus avant toi n'étaient pas comme ça.

    Comprendre : ma pauvre fille tu as de sérieux problèmes de socialisation. Certes, c'est loin d'être faux mais après tout qu'est-ce que ça peut bien leur foutre ? 

    À moins qu'ils s'attendaient à ce que je fasse le pitre pour divertir leurs journées moroses. En ce sens, ça expliquerait pas mal de choses et notament, leur regret quelque peu dissimulé derrière ces barrières qu'ils ont érigés malgré eux, devant moi.

    Disons, qu'en relativisant les choses, je ne peux leur en vouloir d'avoir été déçus de mon sauvagisme (qui néanmoins relevait bien plus du respect d'autrui que d'introvertisme poussé (quoiqu'un petit peu tout de même)).

    En effet, je ne peux que comprendre ces attitudes qu'en ayant eu l'aperçu de ce que pouvait vivre une employée de bureau au quotidien.

    Enfermés dans un bureau toute l'année, sous les ordres d'un pauvre crétin véreux en mal de supériorité (et qui use et abuse de son autorité... vraiment pitoyable), accompagné par des commerciaux imbus de leur personne et qui se sentent investis de pouvoirs divins, le tout agrémenté par des tâches chronologiquement identiques, jour après jour, huit heures par jour, cinq jours par semaine. Qui plus est, sans le moindre pouvoir d'évoluer (intellectuellement j'entends).

    Parceque lorsque l'on vit ça au quotidien, on n'a qu'une envie, c'est de rentrer chez soi et retrouver son lit. 

    D'autre part, il y a une chose qui m'a interpellée et m'a paru vraiment bizarre en les observant jour après jour : tous se plaignaient de leur pénible et répétitive tâche, mais tous, une fois en congés, ne pouvaient s'empêcher  de venir saluer leurs collègues. Non mais sérieux. What. The. Fuck.

     Alors c'est ça. Quand on est grand, quand a un travail, on devient masochiste.

    Et ben, y'a du soucis à se faire pour nos prochaines années.


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